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Une étrange réaction du nouveau-né humain lors de la naissance

Le Docteur Pierre Rousseau, gynécologue-obstétricien et chargé d’enseignement dans le Service des Sciences de la Famille (Prof. W Lahaye), vient de publier avec ses collaborateurs les résultats d’une recherche sur les premiers comportements du nouveau-né. Cette recherche éthologique a été entreprise pour comprendre la manière dont les relations affectives s’établissent à la naissance dans le but d’améliorer l’éducation à la parenté en période anténatale.

L’analyse de 31 vidéos filmées depuis le premier instant de la naissance permet de décrire pour la première fois chez huit nouveau-nés une réaction d’immobilité avec une respiration superficielle, un visage figé et des yeux grands ouverts. Cette réaction se termine par un brusque sursaut suivi de cris et d’agitation des membres. Elle est semblable à celle décrite par Darwin chez les animaux qui « font le mort » pour échapper à un prédateur et connue sous le terme de Freezing. Cette réponse universelle la plus intense face à un danger est associée à une décharge importante des hormones du stress et suivie chez l’humain d’un risque d’évolution vers l’état de stress post-traumatique.

Dans la recherche menée par Pierre Rousseau, une association significative a été trouvée avec le stress prénatal maternel (p = .037) identifié par les adversités vécues par les mères pendant leur grossesse. La réaction d’immobilité à la naissance pourrait ainsi être un premier signe d’une hyperréactivité du système d’alarme commandé par l’amygdale cérébrale. Cette même réaction pourrait être suivie d’un risque plus important de développer plus tard dans la vie les troubles du développement programmés in utero par les modifications épigénétiques induites par le stress prénatal maternel : maladies physiques (hypertension, obésité, diabète), troubles du comportement comme le trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité, maladies mentales les plus sévères. Le collapsus soudain de l’un des nouveau-nés, deux heures après avoir eu à la naissance une réaction d’immobilité, pourrait en outre faire craindre un risque de mort subite du nourrisson pour ces enfants.

Il est heureusement établi que le soutien social continu des mères éprouvées par des adversités pendant la grossesse et après la naissance diminue les effets délétères du stress prénatal sur le cerveau du fœtus et sur le développement cognitif et comportemental de l’enfant. Améliorer le soutien social des mères est un défi pour la société, les familles, les professionnels de la périnatalité.

Ce 12 septembre 2014, l’Université de Mons accueille en ses murs un colloque intitulé « grossesse, naissance et réalités du syndrome post-traumatique ». Ce Colloque, organisé par le Docteur Rousseau, se situe justement dans le cadre de cette  recherche destinée à comprendre la manière dont les relations affectives s’établissent au moment de la naissance entre le nouveau-né, sa mère et son père. L’objectif de ce colloque est de sensibiliser les professionnels de la périnatalité (ONE, sages-femmes, puéricultrices, médecins généralistes, obstétriciens, pédiatres, psychologues..) aux conséquences de la transmission transgénérationnelle du stress.

Référence : Rousseau PV et al. Immobility reaction at birth in newborn infant. Infant Behav Dev. 2014 Aug;37(3):380-6.

Plus d'infos sur cette recherche?

Dr Pierre Rousseau Gynécologue-obstétricien Conseiller médical honoraire à l’ONE

Tél. + 32 64 55 49 81

Pierre.ROUSSEAU@umons.ac.be