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Cycle de conférences-débats : La prison, aujourd'hui et demain ?

L'Ecole de Droit et la Faculté d'Architecture et d'Urbanisme de l'Université de Mons se sont associées afin de mettre sur pied un cycle de conférences qui a permis de lancer une réflexion approfondie sur la problématique des prisons dans notre pays. Les débats ont été organisés les jeudi 20 octobre et lundi 14 novembre 2016. D'autres suivront...

Aucun juriste ne peut occulter la difficulté du sujet de l'emprisonnement. Il en va de même pour les étudiants architectes puisque ceux-ci ce sont investis dans une réflexion sur l'implantation et la configuration des bâtiments d'une prison du futur. Or, avant tout, il faut que ces concepteurs soient conscients des objectifs de l'emprisonnement, tels qu'ils devraient être dans une vision digne d'un avenir meilleur.

Qu'est-ce qu'une prison et comment fonctionne-t-elle ? Comment peut-elle évoluer ? Voilà un sujet de société rarement abordé et qui a été débattu avec l'aide de quatre professionnels qui connaissent bien cette problématique complexe.

Thierry Marchandise, ancien procureur du Roi et juge de paix honoraire, a ouvert les débats en traçant le portrait peu glorieux du système pénitentiaire belge en sous-effectif de gardiens, d'assistants psychosociaux ou encore de "visiteurs" (personnalités externes en principe chargées d'observer les conditions de détention).

Michèle Loquifer, présidente honoraire du Tribunal de Première Instance de Nivelles, a exposé les mesures alternatives à la détention. Le bracelet électronique, la peine de probation, la médiation,... sont des solutions censées réduire le sentiment d'impunité et diminuer le flux de détenus. Encore faut-il assurer un encadrement humain et un suivi adéquat !

         

Les débats se sont poursuivis avec l'intervention de deux figures du monde carcéral et pénal. Me Frank Discepoli, avocat au barreau de Mons a commencé son exposé avec une vision de la prison, très loin de l'image d'Epinal, où les prisonniers (de Pérouse) cultivent olives et courgettes et vendent le fruit de leur récolte au marché pour tenter de se reforger une dignité. Pourquoi ne pas le faire ici ? Pour des raisons budgétaires... Le problème structurel de la surpopulation carcérale en Belgique (classée deuxième au niveau européen en raison de la concentration  de détenus) et les nouvelles perspectives (peu réjouissantes) de la Loi Pot pourri II ont été évoqués en détails.

Axel Piers de Raveschoot, directeur de la prison de Mons, a pour sa part rappelé les contraintes budgétaires qui empêchaient le travail autour de la réinsertion et du plan de détention (voté en 2005 et toujours pas rentré en vigueur en 2016 !), et de donner un coup de projecteur sur le passé et, plus singulièrement, le siècle des Lumières au cours duquel la prison a été théorisée dans le code pénal. De parler également du modèle architectural des prisons belges (au nombre de 35) dont les plus récentes constructions ont repris le modèle de base : panoptique. Et de terminer sur une note poétique en citant le  tristement célèbre prisonnier, Nelson Mandela.