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Un chercheur de l’UMONS, expert reviewer du dernier rapport du GIEC sur le réchauffement climatique

Frank Venmans est chercheur dans le domaine de la politique climatique à la Faculté Waroqué d’Economie et de Gestion de l’Université de Mons (UMONS) ainsi qu’à la London School of Economics. Il vient de terminer sa thèse sur le Système Communautaire d’Echange de Quota d’Emissions (SCEQE) ou « marché carbone européen ». Il est également relecteur (expert reviewer) pour le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui a finalisé le 13 avril son dernier rapport sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation au réchauffement climatique.

Les relecteurs comme Frank Venmans étaient 2.500 à travers le monde pour l’élaboration de la précédente version du rapport. Ils sont chargés de rédiger des remarques dans le but d’augmenter la validité du rapport. Pour rappel, le GIEC est un organe créé par les Nations Unies ayant comme objectif de dresser un état des lieux de la littérature scientifique tous les 5 à 7 ans sur la problématique du réchauffement climatique.

Depuis 1970, les émissions annuelles de gaz à effet de serre ont augmenté de 81%. Entre 1970 et 2000, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté en moyenne de 1.3% par an. Cette augmentation intenable s’est encore accélérée durant la dernière décennie. Entre 2000 et 2010, malgré des politiques climatiques instaurées dans presque tous les pays du monde, et malgré la crise économique la plus sévère de l’après-guerre, les gaz à effet de serre ont connu une croissance comme jamais avant : une augmentation de 2.2% par an, culminant à 49 Gigaton CO2 equivalents par an (une mesure qui permet de comparer les différents gaz à effet de serre avec le CO2 comme standard). C’est un triste record historique.

Un malentendu courant concernant le réchauffement climatique porte sur le fait qu’il faille une consommation de combustibles fossiles durable, qui correspond à la capacité d’absorption de CO2 de la terre. C’est une erreur car la terre n’a aucune capacité d’absorption sur le long terme. De chaque tonne de carbone, pétrole ou de gaz brûlé aujourd’hui, la terre va absorber une partie pendant les siècles à venir (ce qui mènera à l’acidification des océans). En outre, il y aura toujours 20% des émissions qui resteront dans l’atmosphère pour des dizaines de milliers d’années. C’est ce qu’on appelle dans le jargon un polluant de stock. Il n’y a pas d’incertitude sur cet aspect du cycle du carbone. Le caractère irréversible du réchauffement climatique et la nécessité de tendre vers zéro émissions pour stabiliser la concentration du CO2 dans l’air est une certitude. L’Humanité a donc un certain budget d’émissions à ne pas dépasser avant d’arriver à zéro émissions. On peut présenter ce « budget » comme une baignoire où la politique climatique doit fermer le robinet d’eau avant qu’elle ne déborde.

La dernière mouture du rapport publié ce 13 avril 2014 est basé sur 900 scénarios (simulations) des émissions jusqu’en 2100. Si l’on garde la concentration des gaz à effet de serre au niveau actuel (à 430 parts per million, soit le nombre de molécules de CO2 par millions de molécules dans l’air), on s’oriente déjà vers une hausse de 1,5°C de la température dans le monde et ce, avec plus de 50% de probabilité.

En 2009, à Copenhague, les Etats du monde se sont mis d’accord pour limiter le réchauffement climatique à une hausse des températures de 2°C.  Si l’on veut éviter de dépasser ces 2°C avec une probabilité de 66%, cela correspond aux scénarios avec une concentration de gaz à effet de serre à  450 ppm, très proche des concentrations actuelles. Faisant référence à notre baignoire où il faut fermer le robinet avant qu’elle ne déborde, pour le scénario de 2°C, il  nous reste un ‘budget’ d’émissions entre 630 et 1180 Gigaton CO2-equivalent pour terminer le siècle. Cela correspond à 10, voire 20 fois les émissions annuelles actuelles avant d’arrêter les émissions de pétrole, charbon et gaz, partout dans le monde.

Etant donné que le monde émet plus que jamais et que ces émissions augmentent plus rapidement que jamais au lieu de descendre, il est clair que le monde politique sous-estime gravement l’urgence d’une politique climatique ambitieuse. L’année passée, pendant les négociations de Kyoto II à Varsovie, l’Europe s’est engagée à réduire ces émissions de 20% en 2020 par rapport à 1990, même si ses émissions ont déjà été réduites de 18% actuellement.

La question du réchauffement climatique est plus présente dans les revendications des mouvements de lutte que voici 10 ans, malgré la crise et les problèmes économiques qu’elle engendre. Aussi, pendant les dernières années, quasi tous les pays ont déjà expérimenté la mise en œuvre de politiques climatiques. Ce sera la base pour passer à la vitesse supérieur dans le futur.

Plus d'infos? frank.venmans@umons.ac.be