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Après les concombres de mer, l’UMONS souhaite se lancer dans la « culture équitable » de coraux  à Madagascar

Depuis une quinzaine d’années, l’Université de Mons (UMONS), via le laboratoire de Biologie des Organismes Marins et Biomimétisme de sa Faculté de Sciences, ainsi que sa Faculté Warocqué d’Economie et de Gestion, est impliquée à Madagascar dans l’holothurieculture ou aquaculture des concombres de mer, aux côtés de l’Institut Halieutique & des Sciences Marines (IHSM) de l’Université de Tuléar.

Pour mémoire, ce type d’aquaculture a pour but de reproduire les holothuries afin de les vendre aux Asiatiques, très friands de ce genre de mets, et d’éviter que les industriels ne viennent piller ces animaux présents, entre autres, près de Madagascar. Un spin-off a d’abord été créé. Aujourd’hui converti en société indépendante, il emploie désormais plus de cent personnes à Tuléar. Des dizaines de chercheurs de l’UMONS et de l’Université de Tuléar ont également pu travailler ici et là-bas sur différents projets, y compris en algoculture. Le but de toutes ces recherches est d’apporter des améliorations scientifiques tenant compte des contextes économique et social pour soutenir le développement de nouvelles aquacultures respectueuses de l’environnement.

Cette fois, c’est dans la coralliculture, ou culture des coraux, que les partenaires souhaitent s’engager.

Le projet CORAIL a comme objectif de reproduire des coraux afin d’en exporter une partie vers l’Europe pour les aquariophiles, afin que ces derniers n’en prennent plus, ou moins, dans les milieux naturels, et d’en réimplanter une partie dans les récifs afin de contrer ce fléau. Ce projet a des objectifs écologiques, sociaux, mais également économiques. Récemment, Gildas Todinanahary, doctorant à l’Université de Tuléar, a en effet mené une thèse doctorale sur « La faisabilité biologique, sociale et économique de la coralliculture villageoise », en réponse à la destruction des récifs coralliens. Les chercheurs estiment qu’un quart de la population des récifs coralliens a déjà disparu et qu’à ce rythme, 50% auront disparu d’ici 2030.

Afin d’étudier l’aspect économique du projet et le rendre viable, le département de biologie a donc fait appel aux compétences de la Faculté Warocqué d’Economie et de Gestion. Au sein de cette dernière, le prof. Marc Labie a proposé à Igor Eeckhaut et ses collègues du département de biologie d’envoyer à Madagascar en stage Nicolas Puccini, major de la promotion 2015 FWEG. Nicolas Puccini, diplômé, a accepté de faire un stage complémentaire financé par l’ARES-CUD, alors qu’il avait déjà signé un contrat professionnel.

Un business model a été élaboré suite à quelques semaines de recherches, des études de marché et des interviews. Les recherches ont vite fait prendre conscience du potentiel économique de la coralliculture. En réimplantant 25% des coraux cultivés et en ne vendant qu’une trentaine de coraux par mois le projet tient déjà la route. Les coraux seraient envoyés une fois par mois en Europe. A terme, l’objectif serait d’exporter une centaine de coraux par mois. Cette gestion se ferait par le biais d’un spin-off de l’Université de Tuléar et de l’UMONS.

La mise en place d’un tel spin-off nécessite un investissement initial tournant autour des 2.500 €. Après deux ans et après avoir supporté les frais de démarrage, l’activité serait déjà rentable. A un rythme de croisière de 100 boutures vendues par mois, un profit annuel de plus ou moins 10.000 € est envisagé. Cet argent serait directement réinvesti à des fins sociales et environnementales. Ces résultats ne sont que des estimations à prendre avec des pincettes mais laisse présager un bel avenir pour la polyaquaculture villageoise du sud-ouest de Madagascar.

Le projet bénéficiera directement, dans un premier temps, à une dizaine de familles du village test de Sarodrano. Ce village de la région de Tuléar compte déjà des polyaquaculteurs pratiquant l’holothurieculture, l’algoculture et plus récemment la coralliculture. Avec ce projet, ces villageois pourraient diversifier leurs revenus. Le salaire horaire proposé dans le business model serait quinze fois plus élevé que celui offert par la pêche, par exemple. Dans un pays qui fait partie des dix pays les plus pauvres au monde en termes de PIB, on comprend bien vite la nécessité de ce projet. De plus, indirectement, en réimplantant les coraux et en protégeant les récifs naturels, les poissons, en constante diminution, feraient leur retour, ce qui augmenterait les revenus tirés de la pêche et donc bénéficierait à toute la région côtière.

La phase actuelle du projet consiste à trouver des entreprises intéressées par des coraux de culture « éthiques » et ce, à moindre prix. Plusieurs pistes sont envisagées comme les grossistes de poissons et invertébrés ornementaux, zoos, hôtels de luxe ou encore ONG. Sur la cible des grossistes de poissons et invertébrés ornementaux, le projet fait face à une rude concurrence des pays asiatiques.

Plus d’infos sur ce projet ? nicolas.puccini@umons.ac.be  ou  igor.eeckhaut@umons.ac.be