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Un chercheur de l’UMONS fait « parler » les insectes pour qu’ils racontent la mort

Matthias Gosselin, assistant de recherche en entomologie au sein du laboratoire de zoologie de la Faculté des Sciences de l’UMONS, vient de publier, avec un autre spécialiste francophone de renommée internationale, un ouvrage de 280 pages publié chez De Boeck et qui dresse un panorama des développements récents en entomologie forensique.

Accessible au curieux comme au spécialiste, « Insectes, cadavres et scènes de crime: principes et applications de l’entomologie médico-légale » détaille les possibilités toujours grandissantes dans ce domaine rendu populaire par les séries américaines et dresse une synthèse des connaissances actuelles sur le sujet.

Il existe très peu d’ouvrages sur ce domaine en langue française alors que le monde francophone est à l’origine du développement de cette discipline souvent mise en avant dans les séries policières américaines.

« L’entomologie médico-légale ou forensique concerne l’étude des insectes dans un processus légal. La principale application est l’estimation de l’Intervalle Post-Mortem (IPM), c’est à dire l’intervalle entre la date de mort et la découverte du cadavre, explique Matthias Gosselin. L’estimation de l’IPM se base sur le développement des insectes présents sur le corps et les conditions microclimatiques de la scène de crime. Chaque espèce d’insecte présente une durée de développement différente influencée par la température du milieu. Si on connaît l’espèce, sa durée de développement et les températures journalières de  l’environnement (scène de crime), on peut calculer une date de mort.  D’autres applications sont possibles comme la détection de substances toxiques dans le corps. On parle alors d’entomotoxicologie forensique ».

Le livre qu'il vient de coécrire avec un collègue et qui est préfacé par un médecin légiste, explique comment les experts étudient les insectes, ces derniers témoins de la scène de crime, pour dater la mort. Le  cadavre est en effet un véritable écosystème. Après la mort, le corps devient grouillant d’une autre forme de vie, peuplée d’asticots voraces, de guêpes parasites et de scarabées prédateurs. Toutes ces espèces partagent un but : profiter au plus vite de cette ressource pour s’y développer. En observateur avisé de cette faune particulière, l’entomologiste cherche à décrypter la biologie de ces espèces dans le but de dater l’arrivée des insectes et déterminer le plus précisément le moment de la mort.

Matthias Gosselin a travaillé pendant plus de sept ans comme chercheur à l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC) : d’abord dans le laboratoire de microtraces et Entomologie; puis dans le laboratoire de toxicologie. C’est lors de sa thèse qu’il s’est spécialisé en entomotoxicologie forensique. Il est actuellement collaborateur scientifique au laboratoire de Zoologie de Pierre Rasmont et développe des projets de recherche avec l’ULg ou l’Université Catholique de Lille. Son objectif futur est de proposer à la place du cours d’entomologie médicale actuel un cours spécialisé sur l’entomologie forensique en 2015-2016.