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Marinette Bruwier 
Marinette Bruwier

Marinette Bruwier

- Femme et Université -

Marinette Bruwier est née à Mons le 7 février 1922. Après avoir accompli de brillantes études d’histoire à l’Université de Liège et obtenu le titre de docteur, en 1951, pour une thèse intitulée : « Le domaine des comtes de Hainaut du début du Xe à la fin du XIIIe siècle », elle est chargée de cours à l’Institut supérieur de commerce de la province de Hainaut à Mons à partir du 4 octobre 1957. Le recteur Drechsel lui demande de remplacer le professeur Arnould.

Quand elle est entrée pour la première fois dans la salle de cours, quelle ne fut pas sa surprise de lire au tableau cette inscription vexatoire : « Marinette au bordel ! ». Sa réaction ? Elle nous raconte cette anecdote et le défi se lit dans ses yeux, dans son intonation : Ils allaient voir ce qu’ils allaient voir, ces morveux !

Elle enseigne l’histoire économique du XIXe siècle, et plus particulièrement du Borinage et dirige ses étudiants avec une main de fer qui se faisait plus redoutable encore pour les étudiantes.


Première femme professeur à « Warocqué », membre du Conseil d’administration de l’Université de l’Etat à Mons (1971-1983), puis doyen de la Faculté des Sciences économiques et sociales de l’Université de l’État à Mons (1974-1978) et enfin vice-recteur de l’Université de l’État à Mons (1977-1981), elle veut qu’on l’appelle Madame le Doyen, puis Madame le Vice-Recteur – elle tient au masculin !

Denise-Déborah Lehmann

- Enseignante et poète au destin tragique -

Denise

Denise-Déborah Lehmann (Liége, 1908 – Auschwitz, 1944), fille de rabbin, poursuit de brillantes études de philologie germanique à l’Université de Liège. Elle enseigne à Tournai mais doit quitter son poste de professeur à l’École normale le 31 décembre 1940, renoncer à toute activité, à aller au concert, à écouter la radio, à sortir le soir… Denise est arrêtée par la Gestapo à Bruxelles le 1er juin 1944 et transférée le 2 au camp de Malines. Elle en est libérée le 29, à la suite des démarches que tentèrent pour la sauver ses amis et ses anciens maîtres, aidés par une intervention de S. M. la Reine Élisabeth. Elle est malheureusement arrêtée une seconde fois le 12 juillet et déportée le 29 à Auschwitz. Sous la signature de Déborah Del Perez, qui était un des noms de sa famille, Denise Lehmann a publié quelques beaux poëmes.

(D’après son ami le romancier et poète Alexis Curvers, dans La Flûte enchantée, n° 10, s.p.)

Le Cœur aride                                                                  à Gaspar V.

Il ne faut pas venir à moi

Et demander pourquoi je souffre –

Il ne faut pas…

 

Mes yeux sont fixes ? – C’est à cause

D’un vieux bonheur, que j’aperçois

Dépérissant…

 

Il faudrait s’endurcir, je sais,

À regarder, tiède et pâli,

Couler son sang –

 

À moins souffrir, lorsque la chambre

Est chaude, et pleine de vivants

Qui vous oublient –

 

Voir l’article de Catherine Gravet : « Denise Lehmann, Déborah Del Perez: un destin brisé » in Mémoires et Publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, n° 107, p. 55-110.

Cécile Douard

- Femme et Arts -

 

Quand Cécile Douard, Cécile Leseine de son vrai nom (Rouen,1866-Bruxelles, 1941), s’installe à Mons, elle fréquente l’école de Marie Popelin et l’atelier d’Auguste Danse qui lui donne des cours de dessin ; recommandée par Jean-François Portaels, elle devient l’élève d’Antoine Bourlard, directeur de l’Académie des Beaux-Arts de Mons (fermée aux filles jusqu’en 1911) et réussit à avoir son propre atelier.

La période montoise de Cécile Douard (1883-1904) est d’une grande richesse artistique : les paysages âpres du Borinage (paysages industriels) et le travail des femmes, ces travailleuses usées avant l’âge par le dur travail quotidien dans la mine, l’inspirent. La hiercheuse qui pousse les wagonnets dans le fond de la mine ou la glaneuse de charbon sur les terrils sont ses sujets favoris. Pour vivre, elle donne des cours de dessin aux jeunes filles de bonnes familles et réalise des portraits de personnalités montoises. Dès 1898, elle perd progressivement la vue. Elle se consacre alors à l’étude du violon, elle s’adonne à la sculpture et s'exprime bientôt par l'écriture. Cécile Douard s’investit activement dans la Ligue Braille dès sa création (1922) et la préside (1926-1937).

Voir Assunta Bianchi, « Le charbon au coeur du Hainaut industriel », dans Catherine Gravet (dir.), Mons & le Hainaut. 2013, p. 147

Marguerite Mathilde Rouneau

- Femme et Technique -

Marguerite Mathilde Rouneau est née le 7 octobre 1922. Le registre d’inscription de la Faculté polytechnique de Mons (FPMs) renseigne que son père, chef garde principal aux chemins de fer, se prénommait Albert. Leur adresse : rue Léon Save, 6, à Mons.

Marguerite Rouneau est diplômée ingénieure en électro-mécanique, le 20 juillet 1946, avec grande distinction. Il s’agit de la deuxième femme sortie de l’institution, après Marcelle Yernaux, fille de l’Administrateur-Directeur Jules Yernaux, diplômée l’année précédente.

On perd sa trace quand elle entre dans un laboratoire près de Bruxelles ; des âmes charitables la félicitent de son choix : elle n’aura pas à donner d’ordres à des ouvriers ! Marguerite De Grauw-Rouneau habite Bruxelles en 1963 (Avenue G. E. Lebon). Voici la première page de son rapport de stage dans l’entreprise Soudure électrique autogène (Arcos), à Bruxelles :

Claire Lejeune

- Femme et Littérature -

Née à Havré en 1926, Claire Lejeune entre en littérature le 9 janvier 1960 : une sorte de coup de foudre la mène à l’écriture poétique et à la philosophie.

Elle exprime d’abord, dans des recueils poétiques, une pensée athéologique aux accents mystiques (1963-1972). D’un séjour au Québec féministe, surgit un premier essai, L’Atelier (1979), qui réunit quelques propositions-clés de la pensée qu’elle développe ensuite : introduction du tiers que la raison duelle exclut, altérité du « je », rejet du patriarcat autocrate et du matriarcat abusif, remplacement de la patrie-matrie par la fratrie.

Elle aborde ensuite le théâtre : Ariane et Don Juan ou Le Désastre (1997) offre un nouveau dialogue homme / femme.

Parallèlement, en 1962, elle fonde Les Cahiers internationaux de symbolisme, puis, en 1965, Réseaux, deux revues qui deviennent, en 1971, les publications du Centre interdisciplinaire d’études philosophiques de l’Université de Mons (CIÉPHUM), qu’elle anime.

 

Dès 1970, du Québec au Japon, elle expose également ses « photographismes », obtenus par solarisation de négatifs. Elle est élue à l’Académie royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique en 1997.