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17 et 18 mai 2018 - Colloque 2018 de la SIHFLES : L'exercice dans l'histoire de l'enseignement des langues.
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Colloque 2018 de la SIHFLES

L'exercice dans l'histoire de l'enseignement des langues

17 et 18 mai 2018

 

Argumentaire

L’exercice constitue aujourd’hui une composante obligée de l’apprentissage d’une langue étrangère, quels que soient par ailleurs les publics concernés, scolaires, universitaires ou publics d’adultes. Les éditeurs ne manquent pas de publier de nombreux recueils d’exercices et nulle méthode n’est publiée qui ne comporte à un moment ou à un autre des exercices.

L’intensité de la pratique fonde l’évidence du procédé et conduit à oublier que l’exercice est une construction pédagogique d’origine relativement récente dont il serait intéressant de connaître la genèse. Création d’autant plus paradoxale, aux yeux de l’observateur d’aujourd’hui, qu’elle est postérieure aux très nombreuses descriptions du français qui sont proposées dès le xvie siècle. Nombreuses sont en effet les grammaires publiées du xvie au xviiie siècle, qu’elles soient savantes ou pédagogiques, qui ne comprennent aucune partie que l’on pourrait qualifier d’activités de systématisation, au moins sous la forme d’exercice.

L’exercice est donc apparu progressivement, sous des formes certainement éloignées de celles que nous connaissons aujourd’hui, la forme orale ayant pu précéder la forme écrite et sans qu’un inventeur particulier puisse être désigné (même s’il est intéressant de noter que J.-V. Meidinger, dans le dernier quart du xviiie siècle, est peut-être l’un des premiers à faire figurer dans sa grammaire des activités de systématisation assez similaires à ce qui est traditionnellement rangé aujourd’hui sous l’étiquette d’« exercices »). L’exercice est une invention collective qui prend place dans un besoin de systématisation ressenti par un certain nombre de maîtres de langue et d’auteurs de colloques (ainsi on peut retrouver dans certains dialogues élaborés par Berlaimont au xvie siècle des reprises qui ressemblent fort à des activités de variation).

La généralisation de l’enseignement des langues vivantes étrangères dans l’enseignement secondaire européen dans les débuts du xixe siècle est certainement pour beaucoup dans la recherche d’activités de systématisation, les langues ne pouvant plus être enseignées sur le mode préceptoral qui autorisait des approches plus ouvertes, plus réflexives aussi, proches parfois de ce que l’on a appelé aussi la méthode naturelle.

On connaît l’usage que l’on fait, toujours dans cette même période, des cacographies ou cacologies pour aborder l’enseignement de l’orthographe et du « bien écrire », en France, usage que l’on retrouve dans l’enseignement des langues étrangères, notamment en Espagne et dans les Pays-Bas. Mais A. Chervel signale aussi dans des manuels édités en Angleterre et aux États-Unis dans la fin du xviiie siècle des exercices de « bad English » ou de « false English ».

Bref les questions que l’on peut se poser sont très nombreuses, d’autant plus que systématisation et exercices demanderaient certainement à être plus clairement distingués. Les tableaux de langue apparaissent très précocement, souvent transposés du latin, ce qui ne manque pas de poser des problèmes de cohérence dans la description (le français devient ainsi une langue à déclinaisons), mais qui témoignent d’un besoin de mise en ordre qui s’adresse aussi à des apprenants.

Si les travaux se rapportant à l’histoire de la grammaire sont très nombreux (la SIHFLES s’y est consacrée à de très nombreuses reprises, notamment avec le colloque de Raguse, sa contribution au colloque de la SHESL de 2011), peu de recherches en revanche portent sur cet objet d’apprentissage qui, dans la modestie de sa forme, n’en pose pas moins de très nombreux problèmes théoriques, aussi bien dans la référence, implicite, à un certain nombre de descriptions grammaticales, que dans une certaine conception de l’apprentissage. De nombreux points de problématisation sont à envisager:

  • les premières tentatives : où, quand, par quels auteurs, dans quel environnement d’apprentissage ?
  • les rapports entre grammaires savantes et exercices et plus globalement les liens entre la « grammatisation » des vernaculaires et la progressive émergence d’activités d’assimilation de ces descriptions nouvelles ;
  • les formes élaborées, dans la diversité des propositions et leur évolution ; la place dans le dispositif d’apprentissage, le « moment » pédagogique ;
  • les domaines couverts ; la morphologie a certainement constitué – et aujourd’hui encore – un champ préférentiel d’exploration au détriment de l’axe syntagmatique ; la prise en charge de l’enseignement de la prononciation par l’exercice (avant et après la constitution de la phonétique en domaine scientifique reconnu dans les débuts du xxe siècle) ;
  • la relation à la langue des élèves (exercices de traduction par exemple). Mais se pose aussi la question des grammaires contrastives et des grammaires plurilingues. Autorisent-elles le recours à ce procédé d’apprentissage ou l’exercice est-il lié à l’apprentissage d’une seule langue étrangère ?
  • les lieux d’émergences de la procédure de l’exercice (pratiques individuelles, institutions scolaires, etc.), migrations et circulations des exercices (celles de l’exercice structural sont bien connues, mais méritent d’être rappelées et analysées) ; entre « français langue maternelle » et « français langue étrangère », entre langues étrangères elles-mêmes, entre latin et langues vulgaires ;
  • les moments de diffusion, dans la perspective d’une chronologie comparée.
  • le lien entre domaines méthodologiques et formes de la systématisation et de l’exercice (ainsi, la méthode directe a-t-elle donné naissance à de nouvelles familles d’exercice par exemple ?), y compris dans les apprentissages autodidactes.

 

Ces questions intéressent évidemment les historiens de l’enseignement des langues en ce qu’elles contribuent à mieux comprendre et connaitre leur discipline, à mieux en cerner les évolutions et la dynamique ; elles sont aussi utiles aux agents et utilisateurs de la didactique des langues étrangères – didacticiens, auteurs de manuels, enseignants, élèves…bref aux « fabricants et consommateurs d’exercices » d’aujourd’hui – en leur donnant la possibilité d’appréhender une « technique » dans sa durée et ainsi mieux en comprendre la dimension construite et faussement évidente.

Calendrier

  • Dates du colloque : le jeudi 17 et le vendredi 18 mai 2018.
  • Lieu : université de Mons – Faculté de traduction et d’interprétation – avenue du Champ de Mars, 17 – 7000 MONS (Belgique).
  • Date limite d’envoi des propositions : 1er décembre 2017.
  • Réponses du Comité scientifique : 15 janvier 2018.

 

Modalités de soumission des propositions

Les propositions de communication, en français ou en anglais, ne dépasseront pas 500 mots, bibliographie (5 références max.) et mots-clefs (5 mots) compris. Elles sont à adresser à :

 

Elles seront accompagnées du nom de l’auteur et de l’établissement d’enseignement et/ou de recherche auquel il est rattaché.

Communications

Les organisateurs s’efforceront d’éviter les sessions en parallèle. Durée des communications : 20 minutes + 5/10 minutes de questions/réponses. La langue du colloque est le français, les interventions peuvent se faire en français ou en anglais.

Inscription

Les frais d'inscription couvrent les pause-café, deux repas de midi ainsi que la réception des documents relatifs au colloque (programme, badge, attestation, etc.)

  • Membres SIHFLES et des institutions partenaires: 60,00€
  • Autres: 70,00€
  • Doctorants: 20,00€

 

Lien vers le formulaire d'inscription et de paiement en ligne

Repas

Les déjeuners se prennent au restaurant de l’université de Mons (plaine de Nimy). Un diner de gala est organisé le jeudi 17 mai en soirée au Mundaneum (cf. activités culturelles).

Activités culturelles

Le jeudi 17 mai une visite du Mundaneum est organisée à partir de 18h ; elle comprend la découverte du lieu (www.mundaneum.org), la présentation de ses concepteurs Paul Otlet (1868-1944) et Henri Lafontaine (1854-1943), fondateurs de l’Institut international de bibliographie (1895) et du système de classification décimale universelle (CDU). Un parcours guidé de l’exposition temporaire consacrée à l’histoire de la cryptographie (De Jules César à Edward Snowden, ou comment décoder la cryptographie – http://archives.mundaneum.org/fr/expositions/top-secret-xpo) est également proposé.

Durant le colloque, la Bibliothèque centrale de l’université de Mons propose également une présentation des grammaires de la langue française de ses fonds anciens et de son fonds de l’enseignement. Le jour et l’horaire de cette manifestation seront précisés ultérieurement (de même pour les modalités d’inscription).

Informations pratiques

 Comité d’organisation

  • Michel Berré (université de Mons)
  • Elisabeth Castadot (université de Mons)
  • Mylena Piccinelli (université de Mons)
  • Barbara Radomme (université de Mons)
  • Gérard Vigner (inspecteur d’académie, Éducation nationale, France)

 

Comité scientifique

  • Michel Berré (université de Mons)
  • Henri Besse (ENS de Lyon)
  • Claude Cortier (université de Lyon)
  • Marc Demeuse (université de Mons)
  • Piet Desmet (Katholieke universiteit Leuven – Kortrijk)
  • Danièle Flament-Boistrancourt (Université Paris-Nanterre)
  • Aline Gohard Radenkovic (université de Fribourg, Suisse)
  • Bernard Harmegnies (université de Mons)
  • Gerda Hassler (université de Potsdam)
  • Gisèle Kahn (ENS de Lyon)
  • Marie-Christine Kok Escalle (université d’Utrecht)
  • Brigitte Lépinette (université de Valence)
  • Jacqueline Lillo (université de Palerme)
  • Nadia Minerva (université de Catane)
  • Danielle Omer (université du Maine)
  • Despina Provata (université d’Athènes)
  • Marcus Reinfried (université Friedrich-Schiller de Iéna)
  • Karène Sanchez (université de Leyde)
  • Ana Clara Santos (université d'Algarve)
  • Javier Suso López (université de Grenade)
  • Pierre Swiggers (université de Liège et Katholieke universiteit Leuven)
  • Dan Van Raemdonck (université libre de Bruxelles)
  • Gérard Vigner (inspecteur d’académie, Éducation nationale, France)
  • Josette A. Virasolvit (université de Bourgogne).

 

Le colloque de la SIHFLES est organisé par le Service de Didactique des langues et des cultures avec le soutien du 

                                        

 

 

EN

SIHFLES CONFERENCE 2018

The "exercice" in the history of language teaching

17 - 18 May 2018

 

Rationale

Today, exercises constitute an omni-present part of language learning, for school, university and adult learners alike. Many collections of exercises are published, and all textbooks include exercises of some kind.

The intensity with which exercises are used may lead us to forget that their pedagogical use is relatively recent. Indeed, it would be interesting to discover how the development of exercises started. Paradoxically, from today’s perspective, the use of exercises started much later than the numerous descriptions of the French language which started to be produced in the 16th century. Indeed, while there were many grammar books, both prescriptive and pedagogical, published between the 16th and 18th centuries, they did not include activities intended for systematisation, at least not in the form of exercises.

Language exercises, therefore, appeared gradually, in a very different form from those that are in use today.  Oral exercises may have preceded written ones and their invention cannot be attributed to a particular person (even though J.-V. Meidinger deserves a special mention as, in the last quarter of the 18th century, he was one of the first to include a series of systematisation activities in his grammar book which are similar to the types of activities used today, and which he referred to as ‘exercises’). The exercise therefore appears to be a collective invention which came about through numerous language teachers and authors of dialogues identifying a need for systematisation (thus, there are certain examples of dialogues in 16th-century texts by Berlaimont which are very similar to variation activities).

The spread of modern language teaching into European secondary school education which occurred at the beginning of the 19th century was certainly a turning-point in the incorporation of systemisation activities, this trend having led to languages no longer being able to be taught in the relatively open, reflective, natural way which may be associated with teaching by tutors and closer to what has been called the 'natural method'.

Still in this same period, we see the use of cacography / cacology (i.e. exercises involving correction of bad spelling) in France to deal with teaching spelling and how to “write well”. These were also used in foreign language teaching in Spain and the Netherlands. A. Chervel also indicates that in certain manuals edited in England and the United States in the 18th century, there are examples of exercises on “bad English” or on “false English”.

Many questions arise in relation to this area, particularly because systematisation and exercises need to be more clearly distinguished. Language tables appeared very early on, often adapted from Latin, posing problems with regard to coherence in the description (French is then presented as a language with cases), but also giving evidence of a perceived need to put the language in order for learning purposes.

While there are many works on the history of grammar (SIHFLES has dealt with this subject on numerous occasions, most notably at its conference in Ragusa and its contribution to the 2011 SHESL conference), there is very little research on this aspect of learning, which poses many theoretical problems, both in relation to type of grammatical description and to conception of learning. Points  to be considered might include:

  • The first exercises: where, when, by which authors, in what learning environments?
  • The relationship between prescriptive grammar and exercises, and, more generally, the links between the “grammatisation” of vernacular languages and the gradual emergence of activities designed for assimilation of these new descriptions;
  • The diversity and evolution of exercise types; their place in the learning process; how they have been used;
  • The domains covered: for example, morphology has been, and still is, a favoured field of research, to the detriment of the syntagmatic field; tackling teaching pronunciation through exercises (before and after the recognition of phonetics as a scientific domain in the early 20th century);
  • The relationship to students’ own language (via translation exercises, for example). This then also relates to the existence of contrastive and plurilingual grammar books. Do these treat the mother tongue as a resource, or are exercises linked to the learning of the foreign language alone?
  • Emerging sites for exercise procedures (individual practice, educational institutions, etc.), migration and circulation of exercise types (well-documented in the case of structural exercises but deserving to be looked at again and analysed), for example, between “French as a native language” and “French as a foreign language”, between different foreign languages, between Latin and modern languages;
  • When different types of exercise emerged / were diffused, from the perspective of comparative timelines;
  • The link between the methodological domain and the forms of systemisation and exercises (for example, did the Direct Method produce new forms of exercise?) including for self-instruction.

 

Such questions are of evident interest to language-teaching historians, who seek to better understand their discipline and better define the evolutions and dynamics of the field. Answers to these questions will also be of use to the agents and users of foreign language teaching – educational specialists, textbook authors, teachers, students, in other words, the creators and consumers of exercises today – giving them the possibility to understand particular techniques more deeply and so better look beneath the surface of this often taken for granted phenomenon.

Dates

  • Conference Dates: Thursday 17th and Friday 18th May 2018
  • Location: University of Mons – Faculty of Translation and Interpretation – Avenue du Champ de Mars, 17 – 7000 Mons (Belgium)
  • Deadline for proposals: 1st December 2017
  • Responses from the Scientific Committee: 15th January 2018 

 

Conditions for submitting proposals

Proposals can be written in French or English, and must be no longer than 500 words, including the bibliography (5 references max.) and key words (5 words). They should be sent to:

 

The author’s name and the teaching and/or research establishment to which they belong should be indicated.

Presentations

The organisers intend to avoid having two sessions at the same time. Duration of presentations: 20 minutes + 5/10 minutes for questions. The conference will be held in French, but individual presentations can be given in French or English.

Registration 

The registration fees cover the conference, the coffee breaks and the two lunches, as well as any documents issued at the conference (programmes, badges, certificates, etc.).

  • SIHFLES and partner institution members: 60€
  • Others: 70€
  • Doctorals Students: 20€

 

Link to the online registration and payment form

 

Meals

The lunches will be held in the University’s restaurant (Plaine de Nimy). A gala dinner is organized on Thursday 17 May in the evening at the Mundaneum (cf. cultural activities).

Cultural Activities

A visit of the Mundaneum is organized on Thursday 17 May from 18.00. This visit includes the discovery of the place (www.mundaneum.org), the presentation of its founding designers Paul Otlet (1868-1944) and Henri Lafontaine (1854-1943), founders of the International Institute of Bibliography (1895) and of the universal decimal classification system. A guided tour of the exhibition dedicated to the history of cryptography (Jules Caesar Edward Snowden, or how to decode cryptography - http://archives.Mundaneum.org/fr/expositions/top-secret-xpo) will also be proposed.

During the conference, the Central Library of the University of Mons proposes a presentation of French grammars from its own former and Education collections. The day and time of this event will be specified later (as well as registration details).

Practical information

       

Organising Committee

 

  • Michel Berré (University of Mons)
  • Elisabeth Castadot (University of Mons)
  • Mylena Piccinelli (University of Mons)
  • Barbara Radomme (University of Mons)
  • Gérard Vigner (Academy Inspector, Éducation nationale, France)

 

Scientific Committee

  • Michel Berré (University of Mons)
  • Henri Besse (ENS Lyon)
  • Claude Cortier (University of Lyon)
  • Marc Demeuse (University of Mons)
  • Piet Desmet (University of Leuven – Kortrijk)
  • Danièle Flament-Boistrancourt (Paris Nanterre University)
  • Aline Gohard Radenkovic (University of Fribourg, Switzerland)
  • Bernard Harmegnies (University of Mons)
  • Gerda Hassler (University of Potsdam)
  • Gisèle Kahn (ENS Lyon)
  • Marie-Christine Kok Escalle (Utrecht University)
  • Brigitte Lépinette (University of Valencia)
  • Jacqueline Lillo (University of Palermo)
  • Nadia Minerva (University of Catania)
  • Danielle Omer (University of Maine)
  • Despina Provata (National and Kapodistrian University of Athens)
  • Marcus Reinfried (Friedrich Schiller University Jena)
  • Karène Sanchez (Leiden University)
  • Ana Clara Santos (University of Algarve)
  • Javier Suso López (University of Granada)
  • Pierre Swiggers (University of Liège and University of Leuven)
  • Dan Van Raemdonck (Free University of Brussels, ULB)
  • Gérard Vigner (Academy Inspector, Éducation nationale, France)
  • Josette A. Virasolvit (University of Burgundy).  

 

 

The SIHFLES conference is organised by the Language and Culture Acquisition Research Unit, and is supported by